Agnès de la Roncière

Curiosités animales
Curiosités animales

De l’animalité, la douceur garde le secret. Une fondamentale et paradoxale sauvagerie, aussi étrangère à toute forme d’apprivoisement que l’enfance. Ne relevant pas de la seule condition humaine, elle en trace la limite. Si proche de l’animalité qu’elle s’y confond parfois, la douceur s’éprouve au point de rendre possible l’hypothèse d’un instinct qui lui serait propre. Elle serait le trait d’une « pulsion de douceur » première, de protection, de compassion – de bonté même. Un instinct au plus près de l’être, qui ne serait pas seulement affecté à la conservation de soi, mais à la relation. Ce que l’animal désarme par avance, dans sa cruauté même (hors des registres de la barbarie humaine), c’est notre duplicité. Le sujet humain est divisé, exilique. Si la douceur de l’animal nous touche ainsi, c’est sans doute parce qu’elle nous vient d’un être qui coïncide avec lui-même presque entièrement.  Anne Dufourmantelle « Animale » Puissance de la douceur.

 

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